High Intensity Training (HIT) : La révolution d’Arthur Jones et Mike Mentzer
Introduction : Le HIT, une philosophie de l’effort
Dans les années 1970, alors que la musculation était souvent synonyme de longues heures passées en salle avec des séries interminables, deux hommes ont bouleversé les codes : Arthur Jones et Mike Mentzer. Leur approche, le High Intensity Training (HIT), prône l’efficacité, la brièveté et l’intensité maximale. Une méthode qui a marqué l’histoire de la musculation et qui continue d’inspirer les pratiquants aujourd’hui.
Mais qu’est-ce que le HIT exactement ? Pourquoi a-t-il suscité autant de débats ? Et comment l’appliquer pour des résultats optimaux ? Plongeons dans l’univers de cette méthode culte.
1. Les origines du HIT : Arthur Jones, l’inventeur visionnaire
Qui était Arthur Jones ?
Arthur Jones (1926-2007) était un entrepreneur, inventeur et passionné de musculation. Il est surtout connu pour avoir créé Nautilus, une gamme de machines de musculation révolutionnaires pour l’époque. Mais son héritage le plus durable reste le High Intensity Training (HIT), une méthode qu’il a développée après des années d’observation et d’expérimentation.
Les principes fondateurs du HIT
Jones a remis en question les dogmes de l’époque :
- Moins, c’est plus : Pas besoin de s’entraîner des heures. Une séance courte (20-30 min) mais ultra-intense suffit.
- L’échec musculaire : Chaque série doit être poussée jusqu’à l’incapacité de réaliser une répétition supplémentaire, avec une technique irréprochable.
- Récupération prolongée : Les muscles ont besoin de temps pour se reconstruire. Jones préconisait des séances espacées (48h à 7 jours de repos par groupe musculaire).
- Progressivité : Augmenter progressivement la charge ou la difficulté pour forcer l’adaptation.
Pourquoi une telle rupture ?
À l’époque, les bodybuilders enchaînaient des dizaines de séries par groupe musculaire, souvent avec des temps de repos courts. Jones a démontré que cette approche pouvait mener au surentraînement et limiter les gains. Le HIT était une réponse scientifique et pragmatique.
2. Mike Mentzer : L’élève qui a popularisé le HIT
Mike Mentzer, le disciple prodige
Mike Mentzer (1951-2001) était un bodybuilder professionnel, connu pour son physique impressionnant et son esprit analytique. Après avoir rencontré Arthur Jones, il est devenu l’un des plus ardents défenseurs du HIT. Son livre « Heavy Duty » (1991) a popularisé la méthode et l’a adaptée pour les bodybuilders.
Les apports de Mentzer au HIT

Mentzer a affiné la méthode de Jones en insistant sur :
- La qualité plutôt que la quantité : Une seule série par exercice, mais exécutée avec une intensité maximale.
- La concentration mentale : Chaque répétition doit être contrôlée et visualisée pour maximiser la stimulation musculaire.
- La nutrition et la récupération : Mentzer soulignait l’importance d’un apport protéiné élevé et d’un sommeil de qualité pour la croissance musculaire.
Son héritage controversé
Mentzer a souvent été critiqué pour ses positions radicales (comme l’idée que 12 séances par an suffiraient pour progresser). Pourtant, son approche a inspiré des générations de pratiquants, prouvant que la musculation pouvait être à la fois efficace et minimaliste.
3. Les principes clés du HIT

a. L’intensité maximale
- Chaque série doit être menée jusqu’à l’échec musculaire (incapacité à réaliser une répétition supplémentaire).
- La vitesse d’exécution doit être lente et contrôlée (2-3 secondes par phase).
- Pas de tricherie : pas d’élan, pas de mouvements brusques.
b. La brièveté des séances
- Une séance de HIT dure 20 à 45 minutes maximum.
- Pas plus de 12 à 15 séries au total (tous groupes musculaires confondus).
- Exemple de split : 3 séances par semaine (ex : haut du corps / bas du corps / repos).
c. La récupération
- 48h à 7 jours de repos entre deux séances pour un même groupe musculaire.
- Le HIT repose sur la surcompensation : le muscle doit avoir le temps de se reconstruire plus fort.
d. La progressivité
- Augmenter la charge dès que la série précédente est maîtrisée (avec 8 à 12 répétitions).
- Utiliser des techniques d’intensification (ex : répétitions forcées, négatives) pour dépasser les plateaux.
4. Exemple de programme HIT
Voici un exemple de programme inspiré des principes de Jones et Mentzer, pour un entraînement full-body (3 séances par semaine) : High Intensity Training (HIT) : La révolution d’Arthur Jones et Mike Mentzer
| Exercice | Séries | Répétitions | Tempo |
|---|---|---|---|
| Développé couché | 1 | 8-12 | 2-1-2 |
| Tractions assistées | 1 | 8-12 | 2-1-2 |
| Squat | 1 | 8-12 | 2-1-2 |
| Élévations latérales | 1 | 10-15 | 2-1-2 |
| Leg curl (ischio) | 1 | 10-15 | 2-1-2 |
| Gainage planche | 1 | 30-60 sec | Statique |
Notes :
- Chaque série est menée jusqu’à l’échec.
- Repos de 3 à 5 minutes entre les séries pour une récupération complète.
- Augmenter la charge dès que les répétitions maximales sont atteintes.
5. Les avantages du HIT
a. Gain de temps
- Idéal pour ceux qui n’ont pas des heures à passer en salle.
- Moins de risques de surentraînement.
b. Stimulation musculaire optimale
- L’intensité maximale recruit un maximum de fibres musculaires.
- Moins de gaspillage d’énergie sur des séries inutiles.
c. Adapté à tous les niveaux
- Débutants comme avancés peuvent progresser avec le HIT.
- Permet de casser les plateaux chez les pratiquants expérimentés.
d. Moins de risques de blessures
- Moins de répétitions = moins de stress articulaire.
- Technique stricte = moins de mouvements dangereux.
6. Les critiques et limites du HIT
a. Un mental d’acier requis
- Aller jusqu’à l’échec à chaque série est physiquement et mentalement éprouvant.
- Pas adapté aux personnes qui aiment les entraînements longs et variés.
b. Progression lente pour certains
- Certains pratiquants progressent mieux avec un volume d’entraînement plus élevé.
- Le HIT peut sembler monotone (peu de variété d’exercices).
c. Difficile à appliquer seul
- Sans partenaire pour les répétitions forcées ou les négatives, certains exercices sont limités.
- Nécessite une bonne connaissance de soi pour doser l’intensité.
7. Le HIT aujourd’hui : Une méthode toujours d’actualité ?
a. Une influence durable
- Le HIT a inspiré des méthodes modernes comme le DC Training (Dante Trudel) ou le Dogcrapp.
- De nombreux coachs intègrent des principes du HIT (ex : séries jusqu’à l’échec) dans leurs programmes.
b. Pour qui est fait le HIT ?
- Débutants : Pour apprendre à recruter les fibres musculaires efficacement.
- Pratiquants expérimentés : Pour casser les plateaux ou varier les stimuli.
- Personnes pressées : Pour des résultats en un minimum de temps.
c. Comment l’adapter ?
- Hybrider le HIT : Alterner avec des méthodes plus volumineuses (ex : 5×5).
- Varier les exercices : Changer de mouvements toutes les 4-6 semaines pour éviter la routine.
- Écouter son corps : Adapter la fréquence selon sa récupération.
8. Témoignages et résultats
a. Mike Mentzer, la preuve vivante
Mentzer a remporté le Mr. Universe 1978 en s’entraînant avec le HIT, prouvant son efficacité au plus haut niveau.
b. Des pratiquants lambda
De nombreux témoignages en ligne montrent des transformations impressionnantes avec le HIT, surtout chez ceux qui avaient stagné avec des méthodes traditionnelles.
« Après 5 ans de musculation classique sans résultats, le HIT m’a permis de prendre 5 kg de muscle en 6 mois. » — Jean, 34 ans.
9. Conclusion : Le HIT, une philosophie plus qu’une méthode
Le High Intensity Training d’Arthur Jones et Mike Mentzer est bien plus qu’une simple routine d’entraînement : c’est une philosophie de l’effort et de l’efficacité. En remettant en question les dogmes de l’époque, Jones et Mentzer ont ouvert la voie à une musculation plus intelligente, où la qualité prime sur la quantité.
À essayer si :
- Vous manquez de temps mais voulez des résultats.
- Vous stagnez avec votre entraînement actuel.
- Vous aimez les défis mentaux et physiques.
À éviter si :
- Vous préférez les entraînements longs et variés.
- Vous débutez et avez besoin de volume pour apprendre les mouvements.
Et vous, avez-vous déjà testé le HIT ? Partagez votre expérience en commentaire !
Références :
- Heavy Duty – Mike Mentzer (1991)
- The New High Intensity Training – Ellington Darden (2004)
- Articles et interviews d’Arthur Jones (Nautilus Bulletin)
Prochaine lecture suggérée :
- [La méthode DC Training : Le HIT poussé à l’extrême]
- [Les secrets de l’entraînement de Arnold Schwarzenegger]
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